Wacken 2009 : mon compte-rendu Faster, Harder, Longer (épisode 3 sur 3)
Dans cet épisode : on mange un chinois avec une fourchette, on prend une douche entre hommes à 4 heures du matin et on est déçu par Korpiklaani.
Vendredi (suite)
2h du matin. Pour quatre d’entre nous, l’appel d’Amon Amarth est plus fort que celui de l’oreiller, qui de toutes façons est resté à Paris en ce qui me concerne. Garance, Anabolisant, Billybopp et moi allons donc vers la Black Stage où se prépare le groupe de vikings suédois, tandis que T2Fr et Yoann nous abandonnent. Les petits joueurs.
La Black Stage se remplit de fumée tandis que nous nous faufilons dans le public pour atteindre une bonne place, pas trop loin mais mais pas trop près non plus, parce qu’il y en a qui se sont fait des frayeurs pendant In Flames et qui ont besoin de récupérer. Lorsque les premières notes de Twilight of the Thunder God, premier single de l’album éponyme, retentissent, la fumée se dissipe et laisse apparaître la proue d’un drakkar surmontée d’une voile aux couleurs du groupe. La voix grave et bestiale de Johan Hegg envahie l’athmosphère. Anabolisant et Garance sont hypnotisés. Billybopp se demande ce qu’il fout là. Moi je m’arrache les cordes vocales en hurlant tue-tête le refrain. THOR ! ODIN’S SON ! PROTECTOR OF MANKIND ! Bordel ce que c’est bon.

Ride to meet your fate, your destiny awaits !
Le groupe joue pas mal de morceaux de leur dernier album, dont Free Will Sacrifice, Guardians of Asgaard (énorme) et Live for the Kill, célèbre pour son featuring avec Apolyptica. Malheureusement, ils ne seront pas sur scène ce soir, et le solo de violoncelle est donc en playback. Autre petit regret pendant que j’y suis : le son est légèrement mal équilibré, avec énormement de graves, ce qui ne fait pas du tout ressortir la voix du chanteur. A part ça, c’est que du bonheur. Tiens, des comédiens habillés en vikings viennent se battre sur scène, comme sur le DVD ! Excellent. Au bout de 3 morceaux je n’ai plus de voix à force de hurler les refrains, mais c’est pas grave, je continue quand même ! Surtout quand le groupe joue The Pursuit of Vikings et son intro reconnaissable entre toutes. Et encore plus quand qu’ils nous gratifient d’un Death in Fire monumental en guise de final. Rien que d’y repenser, j’ai des frissons. J’adore !
A l’issu du concert, Billybopp, Anabolisant et moi décidons d’aller manger un morceau, parce que mine de rien, un concert d’Amon Amarth, ça creuse. Garance nous abandonne à son tour pour aller se coucher directement. Plus que que 3. Notre choix se porte sur un chinois stratégiquement placé sur le chemin du retour. Quelle ne fut pas notre déception quand on a découvert qu’il n’avait plus de boite en carton ni de baguettes, et qu’il servait dans une assiette en plastique avec une fourchette. Tout fout le camp ma bonne dame.
Les nouilles sautées ont raison d’Anabolisant, qui va se coucher à son tour. Il ne reste donc que Billybopp et moi, comme au bon vieux temps ! Wacken à 4h du matin est une expérience assez intéressante à vivre. La plupart des personnes qu’on croise sont des métalleux perdus qui errent en cherchant désespérément leur tente, qu’ils ne sont pas près de trouver vu qu’ils ne sont pas du tout dans la bonne zone. Bref, après avoir indiqué leur chemin à une demi-douzaine de métalleux ronds comme des queues de pelle, nous allons prendre une bonne douche bien méritée, histoire de virer toute la boue, la crasse et la bière (oui parfois à Wacken il pleut de la bière). Allez, encore des kilomètres à faire. Au retour il est déjà 5h. Paris s’éveille. Moi, je vais dormir.
Samedi
Aujourd’hui, je dors. Enfin j’essaye. Il faut savoir qu’à Wacken, à moins d’être un militaire sur-entrainé habitué à dormir dans n’importe quelle condition, on ne peut dormir que jusqu’à 9h du matin grand maximum. En effet, dès que le soleil se lève, la tente se transforme en four, et l’effet de serre, bien connu des écologistes et de Nicolas Hulot, fait grimper la température jusqu’à empêcher tout simplement de dormir. La solution est donc de faire la sieste dehors, à l’ombre. Normalement ça fonctionne bien, sauf quand des allemands bourrés viennent vous reveiller pour rigoler.
En fin d’après-midi, après avoir plus ou moins récupéré (plutôt moins que plus d’ailleurs), nous nous préparons pour In Extremo, un groupe allemand de folk metal qui chante, je vous le donne en mille, en allemand. Je garde un très bon souvenir de ce groupe lorsque je les ai vu en live au Zénith de Lille il y a quelques années et j’espère ne pas être déçu ! Pendant que je raconte à qui veut l’entendre à quel point le public lillois est un bon public tout en me tartinant de crème solaire, je reçois un appel de l’Au-delà… C’est MrRoces, qui a survecu à l’hôpital d’Itzehoe. Son allergie s’est calmée donc il pense pouvoir être de retour à temps pour In Extremo. Mais ce à quoi il n’a pas pensé, ce gros malin, c’est que l’allergène, lui, est toujours là… Demain il sera donc gonflé comme une baudruche, avec les doigts en forme de grosses saucisses, cloitré dans sa chambre d’hôtel à Berlin en attendant que ça passe. Mais demain est un autre jour, alors aujourd’hui profitons des concerts ! Heureusement qu’il est là quand même, sinon on n’aurait personne de qui se moquer. ;-)
Quelques kilomètres de marche plus tard, nous voici devant la Black Stage avec In Extremo qui a déjà commencé et un public déjà tout excité. Il faut dire que le groupe n’a pas son pareil pour mettre de l’ambiance avec leur musique folk/médiévale très festive utilisant un paquet d’instruments improbables (comme des cornemuses, yeah !). Et comme à chaque fois que le public allemand de Wacken est excité, on se retrouve sous une autoroute de slammeurs. Heureusement que le sol a séché depuis hier, car ça diminue le risque de se prendre une Rangers boueuse en pleine face parce qu’on a eu une minute d’inattention et qu’on se retourne au mauvais moment (c’est du vécu). Du coup, dans l’euphorie générale, on soulève tour à tour MrRoces, T2Fr et Yoann (tous par surprise, c’est plus amusant) et on les regarde s’éloigner cahin-caha, lentement transportés par la foule jusqu’à la scène (ou jusqu’à la chute, c’est selon). Tous reviennent en un seul morceau après quelques minutes, visiblement ravis de s’être fait tripoter par des centaines de métalleux avec du In Extremo à fond dans les oreilles.

Toi je ne sais pas qui tu es, mais maintenant tu es célèbre !
Bon du coup avec tout ça, le concert est passé très vite. Je n’ai même pas fait attention aux morceaux qui étaient joués, mais je peux vous dire que c’était excellent et je vous invite très fortement à découvrir l’univers d’In Extremo si vous ne connaissez pas. On enchaîne immédiatement avec Volbeat sur la True Metal Stage ; encore un changement de scène facile et vite fait.
Je ne connais pas du tout Volbeat. C’est sur les conseils avisés de Garance, et surtout parce qu’on n’a rien de mieux à faire, qu’on décide de regarder leur show. Hé bien c’est assez sympa. C’est un genre de heavy/progressif, avec parfois des accents vieux rock’n'roll façon Elvis Presley. Oui, dit comme ça c’est un peu bizarre, je sais. Et d’ailleurs ça l’est un peu. Mais bon. Le concert se passe très bien, et cette fois c’est moi qui me fait slammer avec l’appareil photo à la main (qui a survécu, rassurez-vous), en même temps que Billybopp (que je vais perdre de vue assez rapidement). C’est un perfect : j’atteins la barrière sans être tombé et je me fais récupérer par un gros molosse de la sécurité, complètement en sueur et visiblement épuisé. Il me faut plusieurs minutes pour me frayer un chemin dans la foule et retrouver mes camarades. Heureusement que j’ai un meilleur sens de l’orientation dans un concert de metal qu’à Paris.
Maintenant que Volbeat est terminé, je suis tout excité, parce que le prochain concert c’est Turisas ! Si vous suivez un peu mes aventures de métalleux sur ce blog, vous savez que je les adore, et que je les ai déjà vu là, là aussi et encore là. Malheureusement, pour une raison totalement incompréhensible pour le fanboy que je suis, Turisas est programmé sur la WET Stage, c’est à dire la scène la plus petite du festival. Bordel, ils méritent la Party Stage au minimum ! Du coup on décide d’arriver bien en avance, histoire de pouvoir rentrer et avoir une bonne place (la WET Stage est sous une tente et on peut vite se retrouver bloqué dehors quand il y a trop de monde. Après une rapide pause au Bier Garten pour se déshaltérer, nous entrons donc avec une étonnante facilité dans la WET Stage pour découvrir… qu’un groupe qui n’est pas du tout Turisas est en train de jouer. C’est quoi ce bordel ?
Des métalleux nous expliquent qu’il s’agit d’Engel, un groupe suédois qui fait dans le genre death metal… mais bordel on s’en cogne, on veut Turisas !! Bon, pas de panique, c’est surement leur dernier morceau, ensuite ils se barrent et voilà. Quoi, comment ça “on a encore le temps pour 2 morceaux alors on continue” ?!? Merde merde, ça ne signifie qu’une seule chose : le running order a changé et Turisas a été déplacé ! Après un moment de panique en me disant que je les ai peut-être raté, que je ne vais pas m’en remettre et que je vais finir la soirée à noyer mon chagrin dans la bière, je découvre qu’en fait Turisas passe juste après. Ouf. Bon, ça laisse quand même une heure à attendre, dont 30 minutes interminables d’installation du matos et de soundcheck, le tout sous une tente surchauffée qui se remplit de plus en plus de métalleux au maquillage rouge et noir, visiblement au courant du décalage, eux.

Plutôt que de me lamenter sur mon sort, j’ai pris quelques photos d’Engel. C’était pas si mal en fait.
Et voilà qu’enfin, les premières notes de To Holmgard And Beyond envahissent la scène ! Presque instantanément, une masse de métalleux en furie se met en mouvement pour tester jusqu’à quel point les rangs de devant peuvent être compressés. Et la réponse est : beaucoup. Surtout que j’étais devant… Mais c’est pas grave, c’est trop bon ! Le groupe enchaîne sa setlist classique dans une ambiance bouillante (au sens propre hein, la chaleur ne s’évacue pas du tout sous la tente “ridiculement petite” (pour reprendre les termes de Mathias) de la WET Stage), avec A portage to the Unknown suivi de One More et le speech traditionnel de Mathias avec sa canette de bière. Là je tente quelque chose de très risqué : transférer mon appareil photo à Billybopp, qui a réussi l’exploit de se frayer un chemin jusqu’à la barrière. L’objectif était qu’il puisse profiter de son excellente position pour prendre des photos totalement géniales du groupe. Malheureusement (ou pas, c’est selon les goûts), il a préféré prendre en photo les photographes de sexe feminin (charmantes d’ailleurs, mais ce n’est pas la question). Ca me donne l’occasion de vous dire qu’il y avait un nombre assez impressionant de photographes dans la fosse, ce qui témoigne incontestablement de la popularité grandissante de Turisas.
Tiens, Miklagard Overture. Bordel quel morceau excellent ! Dans une mission encore plus risquée que la précédente, je tente de récupérer mon appareil photo, mais heureusement grâce à une communication télépathique parfaite avec Billybopp, c’est encore un succès. Le groupe continue avec In the Court of Jarisleif, classique mais toujours ultra efficace, puis Rex Regi Rebellis, un morceau du premier album Battle Metal rarement joué en live, mais absolument superbe. Je vais bientôt manquer de superlatifs. Et j’ai très chaud aussi. Mathias fait un petit speech pour nous annoncer qu’après ce concert ils arrêtent de tourner et vont se concentrer sur l’enregistrement d’un nouvel album, prévu pour 2010 ! Enfin ! Le concert se finit par Rasputin et son wall of death (cette fois je suis dans l’équipe du violoniste, parce que je n’ai pas pû faire autrement), et bien sûr sur Battle Metal en guise de rappel. Je sors de là littéralement trempé. J’ai dû perdre 10 litres d’eau (au minimum).

Turisas adore les lumières en contre-jour, mais c’est très chiant pour les photos !
Du coup avec le décalage de Turisas, on n’a pas le temps de se poser pour manger un morceau avant le prochain concert, comme c’était prévu à l’origine. Il faut immédiatement traverser toute la Festival Area en largeur, de la WET Stage jusqu’à la Party Stage, pour ne pas louper le début du concert des finlandais de Korpiklaani, en prenant quand même soin de trouver quelque chose à boire en chemin, histoire de ne pas finir complètement déshydratés et secs comme des momies. Ah Korpiklaani ! Un groupe de folk très festif, avec des morceaux au titre très évocateur comme Beer Beer ou Vodka… Juste après Turisas, ça devrait être l’apothéose de cette soirée, et une conclusion en beauté pour ce Wacken 2009. Ah vite, finissez vos verre, ça commence déjà !
Quoi ? Vodka en introduction, comme ça, à froid ? Vous voulez pas attendre que le public soit un peu chaud non ? Bon. C’est plat, il n’y a pas d’ambiance. Dommage, moi qui attendait justement de voir comment rendait ce nouveau morceau en live… J’espère que c’est juste un faux pas. Malheureusement, le concert va de mal en pis. Le groupe enchaîne les morceaux sans aucune conviction, et des titres qui d’habitude me donne envie de bouger, comme Wooden Pints ou Cottage and Saunas, tombent à plat. Même Beer Beer est naze. En fait, à aucun moment le groupe ne fait quelque chose d’intéressant sur scène. Aucune communication avec le public. Les seules paroles échangées avec nous sont en finnois, pour savoir s’il y a des finlandais dans le public (donc oui, il y en a un groupe à notre gauche). Les morceaux sont rigoureusement identiques à leur version album : même pas un petit solo, un break de batterie, un passage chanté par le public, rien. Bon je ne leur demande pas de faire comme le chanteur d’Airbourne et d’escalader la structure métallique pour faire un solo, mais au moins un petit quelque chose quoi… Le concert est tellement chiant que Yoann fait un malaise. T2Fr en profite pour se barrer, sous pretexte de l’accompagner pour prendre un peu l’air. Bordel j’hésite à faire pareil. C’est nul, je suis dégouté.
Après le concert, il ne reste donc plus que Garance, Anabolisant, Billybopp et moi… et MrRoces ! Hé oui, il a enfin fait ses premiers concerts à Wacken. Au bout de 3 ans il était temps. :-) On va manger un morceau en regardant une partie de Subway to Sally sur l’écran géant qui se trouve dans la Festival Area.
Dimanche
C’est déjà le dernier jour. Au reveil, nous constatons que, contrairement aux autres années, il n’y pas eu beaucoup de départs pendant la nuit et qu’il reste encore énormement de tentes debout. Ca laisse présager un gros paquets de bouchons pour le retour… Garance, Anabolisant et T2Fr repartent en fin de matinée. MrRoces, Yoann, Billybopp et moi repartons en début d’après-midi, sous la pluie, pour aller passer la semaine à Berlin. Mais ça, c’est une autre histoire.
Epilogue
Tout d’abord, je tiens à te féliciter, cher lecteur (ou chère lectrice), d’être arrivé(e) jusque là. Je ne sais pas si tu as beaucoup de temps à perdre ou bien si tu aimes particulièrement ma prose, mais sache que ça me fait chaud au coeur que tu sois en train de lire cette phrase écrite avec amour. Donc je suis bien rentré, mes petits coupures, bleus et bosses ont tous cicatrisés et j’ai rattrapé tout mon sommeil en retard. Mon appareil photo à survécu, cette année encore, à toutes les épreuves que je lui ai infligées. J’ai coupé mon bracelet en écrivant ce compte-rendu (oui bon ça va, il me gênait pour taper au clavier).
Cette édition 2009 du Wacken Open Air fut vraiment excellente. Non, pas grâce à la météo, qui ne nous a pas franchement gâtés cette année. Non, pas grâce au running order non plus, qui n’avait rien de transcendant et qui manquait sérieusement d’une ou deux têtes d’affiches pour fêter dignement cet anniversaire des 20 ans. Elle fût géniale parce que j’étais entouré de potes de longue date, ou de potes plus récents (ou même de gens rencontrés en soirée 2 jours avant de partir ;-), avec qui j’ai passé de très bons moments ! Donc Billybopp, MrRoces, Yoann, T2Fr, Anabolisant, Garance, elfeshurikn et les autres (oui même toi le geek avec une casquette AMD) : merci !
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Merci, ton compte-rendu met plutôt bien dans l’ambiance du plus grand festival de Metal, pour moi qui ne peux y aller. Très bonne idée les playlists, ça ajoute une touche de réalité.
Très bon compte-rendu, il est bien agréable à lire !
Grâce à toi, l’histoire de nos périples est immortalisée ! J’avais déjà oublié le tiers des groupes, c’était tellement dense, t’as une excellente mémoire (et oui, une belle prose aussi). Bravo Bro !
Salut !
Ton compte-rendu est très chouette. Comme celui de l’année dernière, il ne donne qu’une envie : être à Wacken l’an prochain !
Merci :)
P.S : et je te fais un listing des fautes de frappes dès que j’ai un peu de temps ;)
Merci de nous faire revivre ces moments! Votre organisation irréprochable et votre bonne humeur à tous ont largement contribué à la réussite de ce Wacken 2009! J’ai bien rigolé! (sympa le clin d’oeil au geek avec la casquette ADM) :D
Très sympa compte-rendu qui donne envi d’y aller malgré la pluie et la boue!!
Quelle chance d’avoir vu In Extremo, depuis le concert au Zénith à Lille (que de souvenir!) j’aimerai tant les revoir …
Toujours aussi belles photos de concert. Merci !!
Bon évidemment j’avais une question en rapport avec le Wacken, mais j’ai oublié quoi…
tant pis! très bon compte-rendu, ça donne vraiment envie d’y être! c’est-à-dire que ça donne hâte d’être l’année prochaine, en fait ;)
et maintenant ma question est revenue mais j’ai la flemme d’éditer: on sait quel est l’allergène qui frappe MrRoces? histoire de savoir si je peux espérer en profiter, du Wacken, ou si je peux aussi bien rester à la maison…
Bravo pour ce petit reportage bourré d’humour.
Les photos sont aussi très réussies.
Ca donne envie d’y aller.