Wacken 2009 : mon compte-rendu Faster, Harder, Longer (épisode 2 sur 3)
Dans cet épisode : on critique Lacuna Coil, on cherche MrRoces, et on aime la marche à pied.
Jeudi (suite)
Lacuna Coil, donc, joue sur la Party Stage, c’est-à-dire la troisième scène par ordre d’importance du festival, plus petite que la Black Stage et que la True Metal Stage. Bon, je ne voudrais pas faire ma mauvaise langue, mais il y a 2 ans le groupe était sur la Black Stage. Et puis entre temps ils ont sorti Shallow Life, album majoritairement jugé très popisant et formaté pour la radio. Et maintenant paf, Party Stage. Moi je dis ça, je dis rien hein… Donc le show du groupe italien est sympa, et Christina Scabbia se défend bien en live. En toile de fond défilent les clips ou les pochettes des albums, telles d’immenses publicités pour dire “achetez-moi”. Ah non, j’ai dit que je ne ferais pas ma mauvaise langue. Et puis l’autre chanteur là, dont je ne connais pas le nom, qui gesticule partout, on dirait vraiment un chanteur de nu-metal. Stop, pas de mauvaise langue, après tout ils ont le droit de vouloir plaire à un public d’adolescentes plus large. Tiens, une chanson du nouvelle album justement. Ca ressemble quand même vachement à Evanescence. Flute, j’arrive pas à m’en empêcher. Bon allez, c’était quand même pas si mal, et puis ils ont joués Heaven’s a Lie et Enjoy The Silence, et ça c’est cool. Et puis comme dit T2Fr : “ça fait du bien de se nettoyer les oreilles avec du son connu”. La pluie s’est arrêtée pendant le concert.
A noter que cette année (ou alors je ne l’avais pas remarqué les autres années), les concerts sont retransmis en direct en streaming sur internet, ainsi que, d’après ce que j’ai cru comprendre, à la télévision allemande (mais ça, je n’en suis vraiment pas sûr, mon allemand est rouillé). Vous pouvez donc retrouver tout le concert de Lacuna Coil sur YouTube. C’est pas magnifique la technologie ? Allez je vous met le morceau Heaven’s a Lie, et vous pourrez aller regarder les autres si ça vous dit.
Vendredi
Aujourd’hui, il fait beau. Enfin, pas super beau non plus, mais vu le temps de merde d’hier, avec du vent et de la pluie, on peut dire que c’est une nette amélioration. On peut faire sécher nos affaires trempées hier soir, et déployer à nouveau les drapeaux.
La surprise du jour, c’est que MrRoces a disparu pendant la nuit. Oui oui, disparu. Le soir il était là, et le matin il n’est plus là, pof ! Je pars donc en expédition avec Yoann jusqu’à la tente de la croix rouge pour essayer de le retrouver. Je dis “expédition”, parce qu’avec la pluie d’hier les chemins sont absolument impraticables ; c’est un mélange de marres d’eau boueuse et de passages de boue-un-peu-séchée-mais-pas-trop dans lesquels il faut faire attention à ne pas perdre ses chaussures, voire une jambe complète. La tente de la croix rouge (Rotes Kreuz) est située près de la Festival Area. Elle accueille les blessés, les gens en coma éthylique et les “gens qui font une allergie à chaque fois qu’ils vont à Wacken, mais qui retentent chaque année en espérant que l’allergie aura disparu par une intervention divine, au lieu d’aller consulter un allergologue quand ils sont à Paris”. Tout ressemblance avec MrRoces est évidemment purement fortuite… ou pas. ;-)

De la boue, de la boue, encore de la boue
En début d’après-midi nous allons voir Gamma Ray, un groupe allemand de power metal fondé par un ancien d’Helloween (Kai Hansen). En arrivant dans la Festival Area, sous nos yeux ébahis, le miracle s’accomplit : des t-shirts Wacken 2009 taille L sont disponibles ! Ni une ni deux, on va faire la queue au stand de merchandising, et tant pis pour les premiers morceaux de Gamma Ray, qui commence à jouer sur la True Metal Stage. Heureusement, on entend très bien de là où on est, et on peut donc profiter du début du concert tout en dépensant des tas d’euros en produits dérivés Wacken.

Regardez bien les écrans à gauche et à droite de la scène… Ca ne vous rappelle rien ?
Nous arrivons dans la foule au moment où les écrans plasmas de part et d’autre de la scène diffusent des images du jeu Guitar Hero. D’accord c’est marrant, mais j’avoue ne pas avoir compris la référence : il y a un morceau de Gamma Ray dans un des Guitar Hero/Rock Band ?!? A part ça, le concert est très chouette, avec des classiques comme Heaven Can Wait, Send me a Sign, Rebellion in Dreamland et quelques morceaux d’Helloween période Kai Hansen comme Future World et I Want Out. Vers la fin du concert, Kai Hansen se met à nous expliquer qu’ils sont en train de faire un nouvel album (bon ça, ok), et qu’ils vont nous en jouer un morceau en exclusivité (yeah, ça c’est cool !). Le morceau s’appellera donc apparement To the Metal, et il rend assez bien en live. Comme pour Lacuna Coil, grâce à Rockalarm.com, vous pouvez trouver tout le concert en vidéo sur YouTube si ça vout dit.
Ensuite, tandis qu’une partie d’entre nous se dirige vers la Party Stage pour aller voir Tristania, les autres (dont moi, hein, vous l’avez compris puisque c’est moi qui raconte l’histoire) rentrent au campement en passant par le Metal Market, une immense zone pleine de petites boutiques où l’on peut acheter tout un tas de trucs plus ou moins “metal” : pendentifs, bracelets à clou, pantalons en cuir, t-shirts, piercings, surplus militaire, chapeaux, etc. J’en profite pour faire un petit aparté : à chaque fois que je dis “nous allons voir untel” ou “nous retournons au camp”, il faut bien comprendre que ça signifie au minimum 20 minutes de marche à pied. Le campground est tellement vaste (75 000 personnes quand même) que chaque petit trajet fait au minimum plusieurs kilomètres. Wacken, c’est pas seulement des saucisses, de la bière et du heavy meatl, c’est aussi beaucoup, mais alors vraiment beaucoup, de marche à pied.
Vers 18h, il est temps de décoller pour aller voir Airbourne. Allez, encore 2 kilomètres dans les jambes.
Airbourne est un jeune groupe australien qui fait beaucoup parler de lui ces derniers temps. Pour faire simple, ce sont les fils spirituels de AC/DC ; ils font un hard-rock simple mais terriblement efficace (dédicace à Tessa Martin). Sur scène, ils sont aussi déjantés que leurs illustres ainés, si j’en crois ce qu’on m’a raconté de leur prestation l’année dernière au Wacken. Hé oui, Airbourne enchaine 2 années de suite au Wacken (comme je ne suis pas allé les voir l’année dernière, ça tombe bien), ce qui est une sacrée marque de consécration (c’est pas comme Lacuna Coil qui se retrouve sur une scène plus petite hein ! bon bon d’accord j’arrête avec eux, c’est promis). Le show d’Airbourne tiens toutes ses promesses, avec notamment un grand moment de rock’n'roll quand le chanteur/guitariste grimpe tout en haut de la structure de la scène pour y faire un solo. Super ambiance, super musique, super groupe. Ils iront loin. Vive le hard-rock !
On enchaîne directement Airbourne avec HammerFall sur la True Metal Stage. C’est pratique, les deux scènes sont juste à côté, il suffit de quelques minutes pour passer de l’une à l’autre. Allez on y va ! Non ? Quoi non ? Rhaa il y en a qui ont besoin d’évacuer la bière. Et forcement, les femmes, ça ne peut pas faire ça sur le bord du chemin ou contre un mur comme tout le monde. Non. Il faut que ça aille faire la queue pendant VINGT MINUTES aux toilettes. Et pendant ce temps là, nous, on poireaute. Et on loupe le début d’HammerFall. Putain. Heureusement que les toilettes sont stratégiquement placée sur une petite bute, ce qui permet au final d’avoir une assez bonne vue sur la True Metal Stage, et de profiter des premiers morceaux Blood Bound et Renegade…

Pas besoin de faire la queue au toilette : une surface plane et c’est reglé.
Finalement on arrive à se frayer un chemin dans le public pour s’approcher de la scène et “vivre pleinement” le concert au milieu de milliers de métalleux tout transpirant et pleins de boue. Bon déjà je les trouve nettement plus en forme que lors de leur passage à Paris, et puis la mise en scène est largement plus chiadée, avec tout plein d’effets pyrotechniques, des jets de flammes et des étincelles en veux-tu en voilà. Moi j’aime beaucoup… mais (parcequ’il y a toujours un “mais”) ils font exactement les même choses qu’à Paris, comme par exemple le coup du “Slayer’s neck” (“La nuque de Slayer, c’est quand vous vous reveillez le lendemain d’un concert et que vous ne pouvez plus bouger le coup parceque vous avez trop headbangé. Qui est prêt à avoir une nuque de Slayer ?”). Du coup forcement, ça sent le réchauffé. A part ça, dans l’ensemble c’est un très bon concert.
Allez, après une pause au Bier Garten on continue cette journée marathon avec une des têtes d’affiche de cette édition 2009 : Motörhead. Bon là je vais écorcher ma réputation, mais de ce groupe je ne connais rien, à part le morceau Ace of Spades parce qu’il est dans une des versions du jeu Guitar Hero. Je sais, je sais, c’est scandaleux, Motörhead est un groupe de légende, comment je peux ne jamais avoir écouté un de leurs albums, c’est une honte, et patati et patata. C’est bon, j’y travaille, c’est promis.
Du coup, ben, pour le compte-rendu du concert… Je peux vous dire qu’ils ont fait venir des filles légèrement vétues sur scène (les “Fuel Girls”). Et aussi que Billybopp et Garance ont dansé le rock sur un des morceaux, sous les yeux ébahies des allemands autour de nous. Voilà. C’est tout.
Et on continue avec Epica sur la Party Stage, et seulement 10 minutes pour passer d’une scène à l’autre. Heureusement elles ne sont pas loin, et la circulation entre les deux a été très nettement améliorée par rapport au cauchemar de 2007, où il fallait passer par un unique portail… Bref, seuls Billybopp et moi allons voir Epica, les autres préférent voir In Flames qui joue en même temps sur la Black Stage. Saloperie de running order. J’avoue que le choix a été très difficile, car j’aime beaucoup les deux groupes, mais comme Billybopp n’avait jamais vu Epica de sa vie, j’ai finalement décidé de l’accompagner.
Ca commence très fort, avec des jets de flammes à n’en plus finir, alors même que le groupe n’est pas encore monté sur scène. A croire qu’ils ont une promotion sur le combustible. Remarque ça tombe bien, il commence à faire frais. Le concert commence par l’excellent morceau The Obsessive Devotion, au cours duquel la chanteuse Simone Simons quitte la scène, parcequ’il y a tout un passage où elle ne chante pas. Oui, ça surprend la première fois, mais c’est classique des concerts Epica… Un autre grand classique ne manque pas à l’appel : les ventilateurs. La chanteuse et le guitariste/chanteur Mark Jansen ont chacun un ventilateur a leurs pieds pour avoir en permanence le look cheveux-dans-le-vent. Yeah, trop la classe ! Malheureusement, je ne dois pas être le seul à trouver qu’il commence à faire frais, puisque mademoiselle Simons coupe le sien au bout de 2 morceaux. Mince alors, plus de vent dans cheveux, ça casse tout le style !
Pour ceux qui ont suivi un peu l’actualité du groupe, et qui s’inquiètent du départ de Ad Sluijter, soyez rassurez : le nouveau guitariste assure ! D’ailleurs je note qu’ils ont vachement travaillé la mise en scène pour le mettre en avant tout au long du show et pour qu’on le remarque bien. C’est bon signe. Vers le milieu du concert, Billybopp décide d’aller voir la fin d’In Flames, parce que “In Flames c’était quand même pas mal en 2007, j’aimerais bien en voir un bout”. Tu m’étonnes.
Le trajet jusqu’à la Black Stage se fait rapidement et sans encombre, et nous arrivons à temps pour voir une bonne moitié du concert (qui, en plus, dure plus longtemps que celui d’Epica). L’ambiance dans le public est excellente, mais malheureusement, comme pour HammerFall, j’ai un petit goût de rechauffé dans la bouche quand ce cher Anders demande à tout le monde jumper sur Only For The Weak, ou de brandir un téléphone portable ou un briquet sur la balade Come Clarity. J’ai l’impression qu’il refait mot pour mot ses speechs de 2007.
Heureusement il y a quelques nouveautés par rapport à la dernière fois que je les ai vu, à commencer évidemment par les morceaux du nouvel album A Sense of Purpose (que je n’ai pas écouté, je sais, bouh, c’est la honte, tout ça). Et puis sur Dead End, super morceau de l’album Come Clarity, la fille qui fait la partie chant clair nous fait l’honneur de sa présence sur scène pour un featuring très réussi. Comme d’habitude, le show se termine en apothéose avec My Sweet Shadow, dans une explosion de feux d’artifices, de gerbes d’étincelles et de flames gigantesques. On en prend plein les yeux. Magnifique.
Fin de l’épisode 2.
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